Paysage fluvial (à domestiquer au plus vite) où pourraient bien se cacher des loups
« Plus de loups, donc moins de ramasseurs de champignons », me disais-je en cherchant quelques aspects positifs au retour de ces dispensateurs d’angoisse dans l’arc alpin (pénibles mais indispensables, je sais, au bon fonctionnement des écosystèmes).
Mais une idée bien plus sombre a aussitôt remplacé ma rêverie. Je me suis mis dans la peau de l’éco-gestionnaire cherchant à ménager la chèvre et le loup. Il pourrait se dire :
« Les loups rôdent à proximité des espaces urbains ? C’est naturel : à leur place, je ferais pareil. Hélas, les promeneurs, même en bas âge, fréquentent les mêmes endroits. Comment s’en sortir ? La solution paraît difficile, mais elle est en réalité à portée de main. Où se cachent les loups ? Dans les friches, dans la pénombre. Il n’y a donc qu’à domestiquer les espaces périurbains - bois, terrains vagues, berges des fleuves… - les rendre plus sûrs et plus attractifs. Les équiper avec des éclairages, quelques bars, une sono, des installations touristiques. Bref, il n’y a qu’à déforester. »
J’en reviens donc à ma prophétie, qui est désormais un simple constat : encouragé au nom de la biodiversité, le retour des loups conduira à la domestication radicale de ce qui reste de « nature sauvage ». (À suivre).
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