jeudi 22 septembre 2016

La mort du chasseur, Charlie et quelques autres.




Tous les ans, pendant la saison de la chasse, on déplore quelques morts. Il arrive que des chasseurs s'entretuent (c'est le cas le plus fréquent), qu'ils abattent quelques excursionnistes et autres ramasseurs de champignons parfaitement innocents, qu'ils tombent dans des ravins, qu'ils soient  terrassés par un infarctus (c'est fréquent aussi et cela fait grimper les statistiques).  Nous pouvons commenter la mort d'un chasseur avec une large palette de réactions allant de la tristesse à l'humour noir (à la manière des rédacteurs de Charlie hebdo, qui derrière leur style grandguignolesque ne sont pas dépourvus, pour qui sait les comprendre, d'une certaine humanité). D'autres, sans passer par la caricature, expriment tout simplement leur joie.

Voici le commentaire d'Enrico Rizzi, Secrétaire du "Parti animaliste européen" (?), à la mort d'un chasseur dans les Alpes italiennes  :

"Le président du Conseil Régional du Trentin est mort ce matin pendant une battue. Infâme, maintenant tu sais ce que mourir veut dire. Je suis très heureux"*.

Cette déclaration date de 2014. J'imagine qu'après une sortie de ce genre monsieur Rizzi a été évincé de la direction  du "Parti animaliste européen".

*Enrico Rizzi, segretario nazionale del Partito animalista europeo, su Facebook : "Il Presidente del Consiglio Regionale del Trentino è morto questa mattina durante una battuta di caccia. Infame, adesso sai cosa vuol dire morire. Sono felicissimo" 18-nov-14.  J'ai tiré cette information du site suivant : http://www.ilfattoquotidiano.it/2014/11/18/diego-moltrer-morto-segretario-partito-animalista-infame-sai/1218831/


mardi 20 septembre 2016

Le mimétisme et ses implications


Veste Actikam 500 imperméable camouflage Furtiv Solognac en vente chez Décathlon 


Il était parti à la chasse avec une veste un peau de chamois. De loin, hélas, il fut pris pour un chamois*


*Histoire vraie qui anticipe une série  consacrée à la mort du chasseur.

dimanche 18 septembre 2016

La vache qui rit et la fonction mythique



Cochons agiles quittant en douce la boucherie.


Poulets souriants, saumons  consentants, vaches enthousiastes à l'idée d'atterrir dans nos assiettes. Nous sommes entourés par des histoires bien sympathiques. Peu réalistes, peut-être, mais qui nous aident à oublier, à dédramatiser.

vendredi 16 septembre 2016

La leçon de Chicken Run



J'aime bien Chicken Run. Lorsque je regarde   ce  film d'animation je prends immédiatement parti pour les poules. C'est automatique. Dès les premières images je m'indigne et je commence à détester le couple de  fermiers qui empêchent les poules de (re?)gagner la liberté.  Des sadiques. Des dégénérés. Et leur chien aussi. Dans ce sens, je trouve leur déguisement en tortionnaires nazis particulièrement approprié. À la fin du récit - je n'ai pas honte de l'avouer -  quand la  meurtrière récidiviste s'enfonce dans une machine pour faire des tartes à la poule je m'en réjouis. Elle l'a bien mérité.  Elle espérait s'en sortir comme ça? Et puis quoi, encore? Quel monstre! Quelle ordure! Que justice soit faite!


Après le film, si je n'ai rien préparé à l'avance, je sors acheter quelque chose à manger. Un poulet rôti, par exemple.

mercredi 14 septembre 2016

Le chant des poules

Derrière moi, la forêt (pas un champignon, pour l'instant). En face,  un poulailler industriel. En chiens de faïence, sans solution de continuité,  le sauvage  et le domestique*. Par vagues, on entend la voix des gallinacés portée parle vent.



À mes pieds, bien entretenue, la tanière d'un renard. Rien de plus cohérent. Dans les mythes,  comme dans la réalité, le renard est un intermédiaire entre le domestique et le sauvage.




* Le sauvage, cela dit,  n'existe pas, tout le monde le sait (ou presque).

lundi 12 septembre 2016

Adopter un animal : un signe de quoi?

Propriétaire d'un chat mettant en scène son amour pour les chats


À première vue cela pourrait nous échapper, mais il existe quelques affinités  entre ceux qu'on appelle les punks à chiens et les forces de l'ordre. Pour des raisons différentes, les membres des deux catégories ont des problèmes d'image. Les premiers parce qu'ils donnent le sentiment de vouloir vivre (et boire) aux dépens des autres (je rapporte tout juste le cliché, dénué de toute analyse sociologique). Les seconds, parce qu'on les soupçonne, parfois, d'exercer ce qu'on appelle la "la  violence d'État" d'une manière peu orthodoxe (je rapporte tout juste le  cliché, dénué de toute analyse sociologique). Or, il s'avère que même chez les forces de l'ordre, de temps en temps, on adopte des chiens. Et lorsqu'on le fait, on n'oublie pas d'en informer les médias*.

                                           *

Le signe,  rappelait Roland Barthes en 1956, est la corrélation d'un signifiant et d'un signifié. Je prends des roses (signifiant), je les associe à ma passion (signifié) et j'en fais un signe : un bouquet de roses qui  signifie ma passion (Roland Barthes, Mythologies, Points essais, p.185).


Je prends un chien orphelin ou abandonné (signifiant), je l'associe à ma compassion (signifié) et j'en fais un signe : un chien adopté qui signifie mon humanitarisme et ma bonté.

Cela marche aussi avec les chats.


* Dernier en date, voici un exemple d'adoption philanthropique  issu du Corriere Della Sera du 8 septembre:

http://corrieredelmezzogiorno.corriere.it/bari/cronaca/16_settembre_07/cucciola-legata-guardrail-polizia-nota-poi-l-adotta-55c79f4

Inutile de préciser que la cible de ce billet n'est pas l'amour pour les animaux  mais la mise en spectacle (l'instrumentalisation à des fins narcissiques, rhétoriques, politiques)  de cet amour.  


samedi 10 septembre 2016

Le "double monstrueux" de Brigitte Bardot


Cruella  d'Enfer (en Italien Crudelia De Mon, ce qui fait peut-être encore plus peur). 


Figure mythique? Archétype? Cruella est une star qui représente au niveau planétaire "Celle qui n'aime pas les animaux". Si elle cherche à attraper des chiens c'est pour s'en faire un manteau. Brigitte Bardot aussi cherche à récupérer des chiens, mais pour des raisons diamétralement opposées.  Au sein du même champ sémantique (celui de l'intérêt pour les chiens), ces deux icônes forment un couple oppositif.



Avec quelques approximations, nous pourrions en  conclure que Cruella est aux forces du mal, ce que Brigitte Bardot est aux forces du bien.

jeudi 8 septembre 2016

Un maître bien attachant (exotisme et altérité)




Européen admirable et  son admirateur (à gauche, en short rayé).

"L'admiration naïve de l'indigène pour l'européen courageux, hardi et énergique, se transforme souvent en fidélité émouvante et à toute épreuve, dans un attachement de chien de berger". (Tiré du récit d'un gentleman italien à la chasse en Afrique aux débuts de années 1930).

mardi 6 septembre 2016

Melania est sauvée


Chien d'intérieur

N'appartenant pas aux races alpines, peu expérimentée en matière de Wilderness, Melania a disparu au cours d'une promenade sur le Monte Rosa. Désespérés, les propriétaires de cette chihuahua de trois ans ont collé des affiches partout. Deux semaine plus tard elle   a été retrouvée saine et sauve (La Repubblica on line du 6 septembre 2016). Cela frôle le miracle. Va-t-on la canoniser?

Pas de chance, en revanche,  pour les occupants des bateaux qui ont chaviré le même jour au large des côtes libyennes. On déplore au moins six morts et plusieurs disparus. (Cf. La Repubblica on line du 6 septembre 2016).

dimanche 4 septembre 2016

Nés sous le signe du hamster



Si j'étais alsacien, il faudrait peut-être que je décide à quelle espèce m'identifier  : la cigogne ou le grand hamster?  Lorsqu'on n'est pas raciste, toutes les bêtes se valent. Mais à côté de cela, hélas (ou heureusement), il y a l'imaginaire. Et dans l'imaginaire,  les bêtes sont classées et hiérarchisées. Personnellement, même si je ne le mériterais pas, j'aimerais mieux avoir comme blason une cigogne : elle me semble un animal spirituel et désintéressé  (pourquoi? À cause de sa maigreur, peut-être). Le hamster, en revanche, me fait penser à quelqu'un qui accumule. Il  voit une chose traîner et il décide qu'elle est à lui,  il la ramasse et il l'enfouit. Après, il oublie à la fois la chose et son emplacement. Mais peu importe, ce qui compte, pour lui,  c'est de thésauriser.

Ce que je dis de ce petit rongeur parcimonieux est parfaitement faux, bien entendu :  le hamster a sûrement de très  bonnes raisons pour engranger ce qu'il trouve et son comportement est sûrement utile pour le bon fonctionnement de l'écosystème. En fait j'ai inventé  cette description désobligeante pour projeter sur un pauvre animal des dispositions typiquement humaines. J'ai anthropomorphisé.


Sur la cigogne, le hamster et plein d'autres animaux, abordés avec finesse et humour, je renvoie aux études de l'ethnologue Colette Méchin.

vendredi 2 septembre 2016

Daniele da Volterra et ses épigones brestois (mots clé : cochons, castration, élus locaux, culottes)


Appelé Il Braghettone (le Grand culottier), le peintre Daniele da Volterra est entré dans l'histoire pour avoir couvert avec des draps les pudenda des saints de la chapelle Sixtine. C'était pour des raisons morales, sur commande de l'autorité religieuse (c'était l'époque du Concile de Trente, du cardinal Borromée etc.)


Les Saints de la chapelle Sixtine (après le passage de Daniele da Volterra).

Il semblerait que dans la ville de Brest le lobby des éleveurs porcins et ses représentants politiques aient réussi à faire disparaître des emplacements publicitaires une image tout aussi "scandaleuse" (mais sobre, ce qui n'est pas toujours le cas lorsqu'on met en scène la souffrance animale) dénonçant la castration à froid des jeunes cochons. 

Pourquoi ce rappel à la pudeur? Pour des raisons tout aussi morales que celles qui ont armé le bras du peintre italien, bien évidemment.


Image dénonçant la castration à froid des porcelets  (avant que les pressions dela "Filière porcine" n'obtiennent son enlèvement des espaces publics).*

* Pour en savoir plus je renvoie au site qui nous a été indiqué par Armelle C. dans le post précédent.





mercredi 31 août 2016

Vie à la campagne (Wagner et la bécasse)


Prédateur ailé avec bécasse

Que voulait illustrer l'auteur de cette couverture? Le cliché est classique, certes. Dans la rhétorique de l'époque il symbolise le caractère nocif du "prédateur ailé", antagoniste du chasseur et ennemi du paysan. Des plumes et quelques plomb dans l'air laissent entendre que le chasseur aura bientôt une bécasse à manger et un rapace à empailler. Mais on croirait apercevoir  un message latent (un présage, peut-être?).   La revue date du premier septembre 1939, jour du début de la seconde  guerre mondiale.   Le rapace pourrait bien représenter l'Allemagne, la bécasse la Pologne, et le chasseur, qui reste hors champ, la France. 

L'hypothèse que la bécasse puisse représenter la France me paraît irrespectueuse.


Même si cela n'a rien à voir j'en profite pour évoquer cette boutade de Woody Allen qui m'a toujours fait rire : " Quand j'écoute trop Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne".

lundi 29 août 2016

Un peuple de sauveteurs (Le bestiaire de La Repubblica nouvel épisode)


Patte améliorée

Nous avons été prédateurs, mais c'est presque fini.  Nous sommes devenus des sauveteurs. L'autre jour, par exemple, au grand dam des propriétaires de poules de plus en plus touchés par la prolifération des "nuisibles" (ancienne expression désormais improposable), on a libéré Nina, une renarde soignée dans l'Hôpital vétérinaire ex Frullone de Naples, qui est repartie pimpante vers le poulailler le plus proche.  (La Repubblica du 25 août 2016)
En Ligurie, en transgressant une coutume atavique, un pêcheur s'est jeté à l'eau pour sauver un jeune dauphin (dans la région on appelle les dauphins "sangliers de la mer" en raison de leur voracité).  Ce bel exemple de solidarité interspécifique méritait bien un article (La Repubblica du 10 août 2016)

Lorsque on n'a pas de bêtes à sauver, on bichonne celles qui se portent bien. Sur la Côte d'azur, par exemple, on offre à son toutou des séance de "nail polish". Pomponné, les ongles émaillés en couleur unie ou fantaisie selon les goûts, le petit monstre  n'a plus rien à craindre. (La Repubblica du premier août 2016)

J'ai piqué cette image sur le site :
https://mpenaud.wordpress.com/tag/nail-art/


samedi 27 août 2016

Le requin centenaire et les éco-voyeurs




400 ans et toutes ses dents


On vient de s'en apercevoir. Dans l'Arctique, relativement bien caché, le requin groenlandais est capable de vivre jusqu'à 400 ans. C'est une bonne nouvelle pour les humains en général (ça donne des espoirs :  dans l'eau froide, en mangeant très peu ...)  et pour les passionnés de nature en particulier.  Mais  c'est une mauvaise nouvelle pour le requin. On va sûrement lui envoyer les descendants du Commandant Cousteau, Nicolas Hulot, l'équipe de Thalassa et la rédaction de National Geographic.

La prochaine génération, stressée par les éco-voyeurs,  ne vivra peut-être que 200 ans.

jeudi 25 août 2016

Coming out : j'ai dévoré un cœur de bœuf tout cru




Cœur de bœuf

Autrefois on pouvait baptiser une tomate "cœur de bœuf" sans se faire gronder par les amis des animaux. La référence à la  partie anatomique d'un animal pour dénommer une variété végétale  ne scandalisait personne. Sur le plan symbolique  elle ajoutait tout juste  au légume (ou au fruit, il y a débat là-dessus), la vigueur du bœuf et la puissance nutritionnelle du sang. Mais la société moderne, comme l'a si bien illustré Norbert Elias, tend de plus en plus à censurer (édulcorer, "euphémiser", dans son vocabulaire)  les associations d'idées trop liées au domaine du physiologique. Il n'empêche que l'opération inverse, revenant à "végétaliser" les références au monde animal,  montre aussi ses limites. Quoi qu'en pensent les animalistes, la formule "Richard cœur de lion" n'est pas remplaçable  par "Richard cœur de tomate".

mardi 23 août 2016

Omnivores : la coprophagie chez le chien

  
Paysage nordique avec chien

Comme l'a clairement montré l'anthropologue Mary Douglas, les raisons qui poussent à valoriser ou stigmatiser une espèce animale sont essentiellement d'ordre symbolique : si le Lévitique interdit de consommer la langouste ce n'est pas pour des raisons matérielles, hygiéniques ou pratiques, c'est qu'elle met du désordre dans le système classificatoire. Il n'empêche que des comportements typiques de  certains animaux peuvent contribuer, dans des sociétés parfois très éloignées les unes des autres,  à leur mauvaise réputation. C'est le cas de la coprophagie chez le chien. Les exemples sont nombreux. Je me limiterai à évoquer deux témoignages sortis d'un ouvrage  que j'ai déjà cité:

Chez les Dörvöd  (bergers mongols)  "les chiens sont perçus comme des animaux pollués. (...) Leur simple présence dans l'enclos pollue le bétail et cause des maladies. Étant nourris avec les restes du repas, des glandes immangeables et des os, ils sont considérés comme des animaux sales. Lorsque les gens quittent la yourte pour déféquer, les chiens les suivent pour manger les excréments". (Bernard Charlier, "Du chasseur au loup, de l'éleveur au chien. Garder l'animalité à la bonne distance en Mongolie de l'Ouest", in Michèle Cros, Julien Bondaz et Frédéric Laugrand, Bêtes à pensées, Paris Editions des archives contemporaines, 2015, p. 39).

"Malgré la place qu'il occupe dans la société et l'unité symbolique et économique qu'il forme avec son propriétaire, le chien n'est pas considéré, chez les Inuit, comme un animal sacré. Les traitements qu'on lui fait subir ne correspondent pas non plus aux standards que les Occidentaux associent aux animaux de compagnie. (...) L'été il n'était pas nourri et devait trouver lui-même sa pitance. Il se nourrissait alors de fruits de mer, de petits animaux, de déchets, d'équipement en peau (harnais, fouet, vêtements etc.), d'excréments humains et canins ou même de cadavres canins et humains". (Francis Lévesque,  "Là où le bât blesse. Soixante ans de gestion des chiens au Nunavik (ibid.  p. 70).


dimanche 21 août 2016

Revalorisons la figure du chien en changeant nos façons de dire




Chien irrité (anciennement dit : chien hargneux)*.


" Avoir une humeur de taupe". " On l'a laissé seul comme un chat alors qu'il faisait un temps de hamster". 

* À sa place je serais tout aussi irrité.

vendredi 19 août 2016

Traités comme des chiens


                            
Chien aimé par ses propriétaires qui l'ont amené en vacances avec eux .


Il n'y a rien de pire que les généralisations. Dans certaines sociétés le chien occupe une place de prestige, ne serait-ce que dans le cadre mythologique.  Il n'empêche que souvent, dans des civilisations lointaines les unes des autres, il est perçu comme une bête méprisable : "On m'a traité comme un chien" disait-on en Italie il y a encore peu de temps (en France aussi).

Est-ce en raison de sa familiarité avec le genre humain?  

mercredi 17 août 2016

Nager avec son chien



Touriste contribuant à la joie de vivre de son chien



L'autre jour j'ai nagé là où venait de nager un chien. Dans la demi-heure qui avait précédé plusieurs chiens s'étaient mouillés dans le même bassin, qui était manifestement ouvert aux représentants de cette espèce. Je n'ai rien contre les chiens et j'aime bien les voir batifoler dans l'eau. Pourtant, si j'avais pu choisir, j'aurais préféré nager sur le sillage d'un chevreuil voire même, à la limite,  d'une vache. Pourquoi le chevreuil et la  vache plutôt que le chien? J'y reviendrai prochainement.





lundi 15 août 2016

Les Jeux Olympiques et le syndrome du paon



Paon (ordre des gallinacés)


C'est une période gratifiante. Tous les matins, au réveil, j'ouvre l'ordinateur et je découvre avec satisfaction que j'ai gagné quelques nouvelles médailles (italiennes et françaises). Ceci, sans strictement rien faire : pendant la nuit, régulièrement,  la bonne fée passe par là  ... . À la fin des jeux olympiques je serai aussi décoré qu'un général d'armée.

samedi 13 août 2016

L'exotisme au quotidien





Compatriote promenant son attelage  de caniches-royaux


Le taux d'exotisme dans le monde diminue, se plaignait Victor Segalen aux débuts du XXème siècle. C'est sûrement vrai. Des nouveaux exotismes surgissent,  cependant, et tout près de chez nous.   Sur les bords d'un lac de Vénétie, par exemple, j'ai croisé des compatriotes tout aussi "autres" et énigmatiques que des  guerriers maori.

vendredi 5 août 2016

Interlude



Intervallo



C'était apaisant et inquiétant à la fois. Entre une émission et l'autre, dans la TV italienne des années Soixante, passaient des longs moments de vacance au sens étymologique (du latin vacuus : vide, inoccupé, libre). La Rai remplissait ces moments de "vacuité" par des séquences répétitives accompagnées de la légende "Intervallo". On avait droit à des paysages urbains en noir et blanc ou, encore plus minimalistes, à de simples cartes postales achetées chez le buraliste d'en bas. La séquence bucolique portait sur un troupeau de moutons, dont on suivait les mouvements lents à l'effet incantatoire. Un morceau joué à la harpe qui recommençait en boucle (Haendel, Paradisi, Couperin), renforçait  le caractère intemporel de la scène. On regardait magnétisés, on songeant nostalgiques ou angoissés, selon les tempéraments, à l'époque où il n'y avait pas de télé.



Je  squatte l'Intervallo de la Rai pour illustrer la courte vacance de mon blog, qui reprendra son activité le 13 août. Le lecteur éventuel pourra en profiter pour jeter un coup d'œil sur de vieux billets trop vite oubliés.