J’approche du bar pour mon apéritif. Je vois trois hirondelles sous le porche. Autrefois, pour des raisons de propreté, on détruisait leurs nids. Aujourd’hui, on dispose des perchoirs pour faciliter leur installation. Ces hirondelles vont bientôt partir. Comme tous les ans, je m’interroge sur l’endroit où, si j’étais une hirondelle, j’aimerais migrer.
Je me renseigne et je découvre que dans les métropoles nord-américaines, par exemple, les hirondelles ne sont pas les bienvenues. Elles sont trop salissantes. Par jeu, j’imagine alors qu’une variable religieuse pourrait expliquer, au moins en partie, l’acceptation ou le refus de ces annonciatrices du printemps qui laissent, c’est vrai, des traces considérables de leur « matérialité » au bas de leur nid. Je pose la question à ChatGPT.
La réponse m’étonne, pas tellement à cause de son contenu, mais en raison de son ton, assez libre, je dirais même personnel, et de sa capacité à saisir les nuances et les sous-entendus de ma question. Le texte est plutôt long. Je le propose ici dans son intégralité (pour ceux qui auraient du temps à perdre).
Q.- L'hygiène, bien entendu, est une variable culturelle, dans le sens que chaque culture, comme le dirait Mary Douglas, a sa conception du pur et de l'impur. Cela dit, pour ce qui concerne l'Occident, peut-on imaginer une variable "hygiéniste", différenciant, ne serait-ce que dans l'imaginaire collectif, les Protestants des Catholiques?
R. Oui — mais à condition de manier cette hypothèse avec prudence. On peut assez sérieusement parler d’une différence confessionnelle dans les sensibilités hygiénistes, mais il serait beaucoup plus difficile d’affirmer que les protestants auraient été historiquement « plus propres » que les catholiques.
Le point de départ de Mary Douglas est justement fécond : l'hygiène n'est jamais seulement une affaire de microbes ou de santé ; elle participe d'un système de classification du monde, dans lequel le pur et l'impur, l'ordre et le désordre, le licite et l'interdit se répondent. À partir de là, catholicisme et protestantisme peuvent effectivement produire des imaginaires corporels différents.
1. Le protestantisme : une affinité avec l'ordre, la discipline et la propreté
Il existe une vieille hypothèse sociologique — que l'on trouve sous des formes diverses chez Max Weber, Norbert Elias, puis dans toute une histoire culturelle de la propreté — selon laquelle certains traits de la culture protestante auraient favorisé une disciplinarisation du corps et de l'espace domestique.
La Réforme, surtout dans ses versions calvinistes et puritaines, tend à déplacer une partie de la religiosité :
- du rituel collectif vers la conduite quotidienne ;
- de la médiation sacramentelle vers la discipline personnelle ;
- de l'espace ecclésial vers le foyer ;
- du geste rituel vers une moralité de la conduite.
Cela peut donner naissance à une sorte d'ascétisme domestique : ordre, maîtrise de soi, sobriété, travail régulier, surveillance des comportements, séparation nette entre ce qui est convenable et ce qui ne l'est pas.
On pourrait donc imaginer une chaîne symbolique :
pureté morale → maîtrise de soi → ordre domestique → propreté corporelle et matérielle.
Il faut toutefois éviter de transformer cette chaîne en causalité historique simple. Les grandes transformations de l'hygiène occidentale sont aussi liées à l'urbanisation, à l'État, à la médecine, aux infrastructures hydrauliques, à la bourgeoisie, etc.
2. Le catholicisme possède au contraire une autre grammaire du pur et de l'impur
C'est là que Douglas devient particulièrement intéressante.
Le catholicisme n'est absolument pas indifférent à la propreté. Mais il possède une conception du pur qui passe beaucoup plus directement par le rituel et le sacré : eau bénite, ablutions liturgiques, lavage des mains du prêtre, linge d'autel, purification des objets sacrés, distinction entre espaces consacrés et profanes, etc.
Et surtout, le catholicisme entretient historiquement une relation beaucoup plus ambivalente avec la matière corporelle.
Le christianisme latin est une religion extraordinairement « matérielle » : incarnation, eucharistie, reliques, corps des saints, huile, eau, sang, cendres, parfums, toucher. Ce qui, dans une logique moderne, pourrait être qualifié de « contaminant » peut devenir, dans certaines circonstances, vecteur de sainteté.
La relique en est l'exemple extrême : un morceau d'os, de tissu ou même une substance corporelle peut être précisément ce qu'il faut conserver, toucher, embrasser.
Dans un schéma idéal-typique :
catholicisme → distinction entre profane et sacré → possibilité de sanctification de la matière.
Alors que l'imaginaire protestant pourrait davantage tendre vers :
protestantisme → intériorisation de la norme → discipline du comportement → distinction entre ordre et désordre.
Ce ne sont évidemment que des idéaux-types, pas des descriptions de chaque catholique ou de chaque protestant.
3. Il y a surtout une question très intéressante : la « saleté » comme signe social
Là, votre hypothèse devient particulièrement féconde.
À partir du XVIIIe et surtout du XIXe siècle, la propreté devient progressivement un marqueur de classe. Le bourgeois propre s'oppose au pauvre sale ; la maison rangée à la maison désordonnée ; le corps lavé au corps « négligé ».
Or une partie de cette culture bourgeoise de la propreté s'est développée très fortement dans les sociétés protestantes du nord-ouest européen : Angleterre, Pays-Bas, Allemagne protestante, Scandinavie, Suisse, etc.
Il serait donc possible que, rétrospectivement, nous ayons transformé une différence plus complexe — religion + classe + urbanisation + régime politique + industrialisation — en opposition imaginaire :
protestant = propre, discipliné, rangé
catholique = rituel, charnel, matériel, éventuellement « baroque » et donc
plus tolérant au désordre.
Cette opposition est très intéressante précisément parce qu'elle peut fonctionner comme stéréotype culturel, indépendamment de sa validité empirique.
4. Mais il y a un contre-exemple énorme : la France catholique et l'hygiénisme
C'est là qu'il faut être prudent.
Le grand mouvement hygiéniste français du XIXe siècle est évidemment parfaitement compatible avec une société demeurée majoritairement catholique. Et les pratiques de propreté ne sont pas du tout simplement distribuées selon une frontière confessionnelle.
On pourrait même soutenir que le catholicisme a fourni ses propres ressources symboliques à l'hygiénisme : purification, eau, soin des corps, charité, institutions hospitalières, souci des pauvres, etc.
Par conséquent, je ne formulerais pas la variable comme :
protestantisme = hygiène / catholicisme = absence d'hygiène.
Ce serait historiquement trop fort.
Je la formulerais plutôt ainsi :
protestantisme et catholicisme peuvent produire des régimes différents de représentation de la propreté, du corps et de la souillure.
Et cette différence pourrait ensuite être réfractée par la classe sociale et la modernisation, jusqu'à produire des comportements effectivement différents.
5. Une piste particulièrement intéressante : la douche contre l'ablution
Il y a peut-être là quelque chose de plus subtil encore.
La modernité hygiéniste transforme profondément la signification du lavage. Dans le christianisme traditionnel, l'eau purifie symboliquement ; dans l'hygiénisme moderne, elle devient progressivement un instrument de purification physiologique.
Autrement dit, on passe de :
« je me purifie parce que je suis rituellement souillé »
à :
« je me lave parce que mon corps accumule des impuretés. »
Ce changement est presque exactement le type de déplacement que permet d'étudier Douglas : une catégorie symbolique n'est pas supprimée par la modernité ; elle peut être sécularisée et déplacée.
Et l'on pourrait alors poser une hypothèse assez élégante :
L'hygiénisme moderne serait, en partie, une sécularisation de certaines structures occidentales de la pensée de la purification.
Mais cela ne serait pas spécifiquement protestant : ce serait un processus européen beaucoup plus général.
6. Donc : oui, mais je parlerais d'une « affinité élective »
Si votre objectif est de construire une véritable variable hygiéniste, je la définirais plutôt selon plusieurs axes :
|
Axe |
Idéal-type protestant |
Idéal-type catholique |
|
Source de la pureté |
conduite individuelle |
rituel + sacré |
|
Rapport au corps |
discipline |
ambivalence / sanctification |
|
Rapport à la matière |
désacralisation |
sacralisation possible |
|
Espace privilégié |
foyer |
église + foyer |
|
Souillure |
désordre / faute individuelle |
impureté rituelle ou morale |
|
Propreté moderne |
facilement associée à l'autodiscipline |
facilement associée à la purification |
|
Risque du stéréotype |
« propre et austère » |
« charnel et baroque » |
Et c'est précisément le dernier point qui me paraît le plus intéressant : la différence peut exister moins dans les pratiques objectives que dans les représentations sociales de la propreté.
Autrement dit, on pourrait parfaitement avoir une société catholique très hygiénique tout en conservant un imaginaire où le protestant est « propre, sec, ordonné, aseptisé », tandis que le catholique est « charnel, humide, ritualiste, parfumé, tactile ».
Ce serait alors une véritable variable culturelle au sens de Douglas : non pas le nombre de bains pris, mais la manière dont une société organise symboliquement le pur et l'impur.
Si vous cherchez à en faire une hypothèse
historiquement défendable, les trois auteurs que je mettrais au centre seraient
Mary Douglas, Norbert Elias et Max Weber, mais en les faisant dialoguer
avec l'histoire concrète de l'hygiène (Georges Vigarello, Alain Corbin, etc.).
Le croisement pourrait être assez riche, notamment pour tester si l'opposition
protestant/catholique résiste réellement aux variables classe sociale,
urbanisation et chronologie.
Q. - Merci pour ce passage érudit qui m'apprend plein de choses et répond parfaitement à ma question. Je passe maintenant du coq à l'âne, ou presque, en posant la question suivante : comment expliquer le préjugé, que j'ai bien retrouvé aussi bien en France qu'en Italie, selon lequel les Anglais seraient moins sensibles à la question de la propreté que, justement, les Français ou les Italiens?
R.- Oui, et je dirais même que ce préjugé est particulièrement intéressant parce
qu'il ne correspond que très imparfaitement à la réalité historique. Il
s'agit probablement moins d'une différence objective de propreté que d'une
rencontre entre plusieurs histoires culturelles et plusieurs manières de mettre
en scène la propreté.
Il y a d'abord un paradoxe délicieux* : l'Angleterre a été l'un des grands laboratoires historiques de l'hygiénisme moderne. Au XIXe siècle, les Britanniques ont joué un rôle majeur dans les égouts, l'approvisionnement en eau, la santé publique, l'urbanisme sanitaire et la théorie microbienne. L'œuvre de Edwin Chadwick et, plus tard, de Joseph Lister en témoigne. Il serait donc assez difficile de soutenir que « les Anglais ne se soucient pas de l'hygiène ».
Alors, d'où vient le stéréotype ?
1. Il y a probablement un malentendu entre hygiène et propreté visible
C'est à mon sens le point essentiel.
Dans l'imaginaire français et italien, la propreté domestique est souvent associée à des signes immédiatement perceptibles :
- sol impeccable ;
- surfaces nettoyées fréquemment ;
- salle de bains parfaitement entretenue ;
- vêtements impeccables ;
- odeurs corporelles neutralisées ;
- cuisine nettoyée après chaque usage.
Or la culture britannique a historiquement développé une conception assez forte de la respectability et de la tenue personnelle, mais pas nécessairement exactement les mêmes conventions concernant la maison.
Il est donc parfaitement possible que deux populations aient des niveaux d'hygiène comparables tout en ayant des seuils différents de ce qui est considéré comme « sale ».
C'est très exactement, me semble-t-il, votre intuition initiale avec Mary Douglas.
2. Le climat joue probablement un rôle dans l'imaginaire
Il existe un très vieux cliché méditerranéen : l'Anglais vit dans un pays humide, gris, brumeux, froid, où l'on chauffe les maisons, où les fenêtres restent fermées et où la moquette règne.
Le Français ou l'Italien, au contraire, associe volontiers le « propre » à :
soleil + air + eau + carrelage + fenêtres ouvertes.
La maison méditerranéenne traditionnelle est particulièrement favorable à une esthétique de la propreté visible : carrelage lavable, volets, balcons, linge exposé au soleil, etc.
La moquette anglaise produit exactement l'effet inverse dans l'imaginaire continental : elle retient la poussière, les odeurs, les traces, et ne peut pas être « lavée » de la même manière qu'un sol carrelé.
Il y a donc peut-être une petite anthropologie des matériaux derrière le stéréotype !
3. Et surtout : la salle de bains anglaise a longtemps été culturellement différente
Il y a ici un élément historique beaucoup plus concret.
La Grande-Bretagne a connu très tôt une formidable infrastructure sanitaire, mais l'adoption des pratiques quotidiennes de toilette ne s'est pas faite exactement selon le modèle français ou italien.
Le célèbre cliché du bain britannique hebdomadaire, par exemple, a une histoire réelle : pendant longtemps, le bain quotidien n'a pas constitué une norme universelle.
Et il y a une différence assez fascinante entre :
avoir de très bonnes infrastructures sanitaires
et
avoir une culture quotidienne de la toilette corporelle fréquente.
Les deux ne sont évidemment pas identiques.
4. Les Français ont aussi construit leur propre mythe de la « propreté française »
Il faut se méfier ici de l'auto-évaluation nationale.
La France possède une très longue tradition de distinction par les apparences. La propreté du linge, la présentation du corps, les parfums, la toilette, l'élégance vestimentaire ont joué un rôle considérable dans la culture française.
Mais cela ne signifie nullement que les Français aient historiquement été plus propres au sens sanitaire.
C'est même un paradoxe intéressant : la France a pu avoir une culture très raffinée de la propreté apparente tout en ayant longtemps des infrastructures sanitaires médiocres.
Paris au XIXe siècle n'était évidemment pas un modèle d'hygiène urbaine !
Cela renforce l'idée que nous parlons de deux dimensions différentes de la propreté.
5. Et les Italiens ont leur propre version du phénomène
En Italie, je soupçonne que le stéréotype anglais est renforcé par quelque chose d'assez spécifique : la centralité extraordinaire de la casa.
La maison italienne — surtout dans les représentations de la brava donna — est un espace dont la propreté est continuellement surveillée.
Le linge, les sols, la cuisine, la salle de bains, les vitres : tout cela participe à la respectabilité familiale.
On retrouve donc une opposition imaginaire assez forte :
casa italiana → pulizia
versus
English home → carpet, damp, dust, old furniture.
Et cette opposition est probablement beaucoup plus forte que les différences réelles de pratiques.
6. Il existe enfin une source historique très intéressante du préjugé : le Grand Tour
C'est peut-être là que votre question devient vraiment savoureuse.
Pendant des siècles, les Anglais fortunés sont venus en France et surtout en Italie comme voyageurs du Grand Tour. Et ils ont produit une quantité considérable de descriptions des mœurs continentales.
Mais le mouvement inverse a également produit une littérature abondante sur les Britanniques.
Les nations européennes se sont donc observées mutuellement pendant des siècles et ont élaboré des caricatures réciproques.
L'Anglais vu par le Français ou l'Italien est devenu une figure :
- corpulente ;
- rougeaude ;
- flegmatique ;
- buveuse ;
- peu préoccupée par certaines formes de toilette ;
- vivant dans une maison humide et sombre ;
- mais en revanche très attachée à la propreté morale, à la ponctualité et à la respectabilité.
C'est presque un personnage de théâtre.
Et il y a quelque chose de très Douglasien là-dedans : une société définit aussi sa propre normalité en projetant son contraire sur l'étranger.
Le paradoxe final
Je crois donc qu'on peut formuler le phénomène ainsi :
Les Britanniques n'ont nullement été historiquement indifférents à l'hygiène ; ils ont même été parmi les grands inventeurs de l'hygiène publique moderne. Mais ils ont pu développer des normes de propreté domestique et corporelle différentes de celles de l'Europe latine. Ces différences, amplifiées par le climat, les matériaux domestiques, les habitudes de toilette et surtout les représentations nationales, ont produit le stéréotype de « l'Anglais moins propre ».
Et il y a un renversement assez délicieux : le pays qui a inventé une grande partie de l'hygiène publique moderne peut simultanément être considéré par ses voisins comme un pays de gens qui se lavent peu.
Ce n'est donc pas nécessairement une contradiction : l'hygiène comme système collectif et la propreté comme pratique intime ne sont pas la même chose.
À vrai dire, votre question précédente sur protestants/catholiques et celle-ci pourraient être réunies dans une même recherche : comment les différentes cultures européennes ont-elles construit des « seuils de saleté » différents ? C'est une question beaucoup plus subtile que « qui est le plus propre ? », et elle me paraît presque faite pour une lecture croisée de Douglas, Elias et de l'histoire sociale de la toilette.
Morale : je suis inquiet et admiratif à la fois.
* L'IA a donc une liberté d'esprit suffisante pour proposer des paradoxes et les trouver plus ou moins délicieux.
Une jolie station belge néerlandophone en bord de mer du Nord passe De Haan à Coq très facilement.
RépondreSupprimerJ’en garde le souvenir d’une grande propreté, peut-être catholique et protestante à la fois.
Vous me donnez envie de régaler l’IA d’autres délices en lui demandant une analyse comparative des deux premières avec l’église chrétienne orthodoxe, et ainsi de suite.
Les chinois et les japonais ont aussi des repères religieux communs et des approches hygiénistes très différentes à première vue.
Armelle Sêpa.
PS :En France, nous progressons, mais j’ai longtemps trouvé que l’entretien de nos lieux de commodités était en effet très symbolique par rapport à ce que je pouvais constater ailleurs.
Merci pour votre suggestion. Tant qu’à faire, j’ai posé moi-même votre question à ChatGPT. Et voici sa réponse :
RépondreSupprimer« Si on en fait un jeu de classement, il faut distinguer « hygiène » au sens moderne (lavage, eau, propreté corporelle) et « rapport religieux à la pureté ». Les trois traditions sont trop vastes pour dire sérieusement que l’une est « plus propre » que les autres.
Mais ton intuition sur les Orthodoxes n’est pas complètement absurde : il existe effectivement des particularités rituelles intéressantes.
Catholicisme : assez peu de prescriptions détaillées concernant l’hygiène quotidienne. La propreté corporelle est généralement une question de discipline personnelle plutôt qu'un système religieux très élaboré. Historiquement, certaines pratiques catholiques ont toutefois valorisé fortement la propreté, notamment dans les contextes monastiques.
Protestantisme : même chose, avec en plus une forte valorisation historique de la discipline, de l'ordre et de la maîtrise de soi dans certaines cultures protestantes. Mais ce n'est pas vraiment une « hygiène religieuse » au sens rituel.
Orthodoxie : c'est là que ça devient amusant. L'orthodoxie conserve davantage de gestes corporels et de prescriptions rituelles : ablutions dans certains contextes, règles concernant les menstruations ou les relations sexuelles dans certaines traditions, jeûnes très élaborés, préparation corporelle à la communion, etc. Certaines coutumes peuvent donner l'impression d'un rapport plus « hygiéniste » au corps, mais il s'agit surtout de pureté rituelle, pas d'hygiène médicale.
Et il y a un quatrième candidat qui bouleverse complètement le classement : le judaïsme, avec les mikveh, les règles de pureté et, surtout, une tradition beaucoup plus systématique de lavage des mains dans certains contextes. Si le jeu porte sur « quelle religion historique a le plus institutionnalisé la propreté corporelle ? », le judaïsme serait probablement beaucoup plus haut que les trois confessions chrétiennes.
Même chose pour l'islam, qui possède une tradition extrêmement développée de purification corporelle (wudu, ghusl, etc.).
Donc, pour ton podium purement ludique :
🏆 Judaïsme / Islam — très fort en « hygiène rituelle »
🥈 Orthodoxie — beaucoup de pratiques corporelles et de pureté rituelle conservées
🥉 Catholicisme / Protestantisme — moins de prescriptions corporelles systématiques
Mais attention au piège : « plus de rites de purification » ≠ « plus hygiénique ». Une ablution peut avoir une fonction théologique ou symbolique sans correspondre à ce que nous appelons aujourd'hui une bonne pratique d'hygiène.
Si tu pensais spécifiquement à une particularité orthodoxe concernant les ablutions, les toilettes, les menstruations ou le lavage du corps, je peux te dire laquelle — il y a effectivement quelques coutumes assez surprenantes ».
Je me suis arrêté là.