lundi 19 novembre 2018

Un grand merci à Ikea (Les animaux reconnaissants)



J’avais pris l’habitude d’associer Ikea à des pratiques peu sympathiques comme, par exemple, la vidéosurveillance du personnel. Eh bien, je me trompais. A Catania, en Sicile, lors de la dernière tempête, Ikea a hébergé des chiens errants. Et ceci, au milieu des meubles tous neufs, allongés dans la moquette, plein de cadeaux partout.  Des clients émus, sans qu'on leur demande, ont filmé la scène.
N'écoutons donc pas les rumeurs malveillantes : Ikea a une fibre philanthropique. Noël  approche, ouvrons nous cœurs*. 


* Je trouve ces chiens errants d’une docilité surprenante. C’est dire s’ils étaient fatigués.

jeudi 15 novembre 2018

La vérité du mythe


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Dans certains mythes des Aborigènes australiens  c’est le roitelet qui a transmis à l’humanité le secret du feu, en assurant ainsi le passage du cru au cuit et de la nature à la culture.  De l’autre côté de la planète, chez les Bretons, c’est aussi le roitelet qui a amené le feu chez les humains. Trop de détails concordent pour qu’il s’agisse d’une simple coïncidence. J'en déduis que  ça doit être vrai.

mardi 13 novembre 2018

dimanche 11 novembre 2018

Bien profiter de sa vie (pour la quitter plus volontiers)


Ce que j’aime dans la presse régionale c’est sa spontanéité. Il y a quelques jours, dans les Alpes de Vénétie, on déplorait la mort d’une femme tuée par la tempête. Deux journaux locaux ont sobrement reporté  les faits.  Un troisième, plus instinctif,  a tenu à préciser qu’il s’agissait d’une personne âgée. Ce n’était qu’une vieille, finalement  … .

Cela me rappelle une publicité des supermarchés Auchan :
« La vie Auchan. Elle a quelque chose de plus étonnant. Saumon fumé de Bretagne Captain Sea; avant d'être capturé et tranché, il a nagé 30.000 kilomètres à contre-courant. C'est dire s'il a bien profité de la vie ».

vendredi 9 novembre 2018

Aux frontières du Land art







Brest, Place Wilson. Dix-sept ballons sur le toit du kiosque à musique. Ce n’est sûrement pas un hasard. Mais alors, quel est le but ?*

* Le Monsieur en second plan, qui passe avec son petit chien, en sait peut-être quelque chose. Trop tard pour lui demander.

mercredi 7 novembre 2018

Les sangliers pullulent et le diesel est hors de prix.


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Ingénieux  habitant de Montluçon ayant trouvé le moyen pour parer simultanément à la prolifération des sangliers, à l’augmentation du prix du diesel et au foisonnement des amendes pour excès de vitesse. 

lundi 5 novembre 2018

Phallocrates des bois (les ébats magnifiques de certains cervidés)


 

« Ils sont étonnants ces gaillards bûcherons des forêts françaises. Lorsqu'ils tombent amoureux, si on ne fait pas trop de bruit, on peut les surprendre au bord des clairières braillant comme des forcenés et se castagnant mutuellement  avec une véhémence de boxeurs. C'est ainsi qu'ils séduisent leur futures épouses qui les attendent trépidantes dans un espace ombragé pour procéder à l'acte reproductif » (Auteur anonyme).

S’il s’agissait vraiment de bûcherons ce serait intriguant peut-être, mais indécent et politiquement douteux.

Tout change lorsque  le spectacle concerne des animaux d'une autre espèce.

« Tous les ans en automne, la forêt résonne de bruits de bois s’entrechoquant et d’un long râle, grave et profond. Ce chant guttural, c’est celui poussé par le cerf élaphe dans les forêts de France qui abritent encore des populations de ces magnifiques cervidés. Le brame, ce cri impressionnant à entendre, permet au mâle d’attirer à lui les biches pendant la saison des amours… Mais pas seulement. Le cerf élaphe brame aussi pour intimider et éloigner d’éventuels concurrents qui voudraient bien venir courir « ses » biches. Et quand aucun des deux mâles concurrents ne veut abandonner la partie, c’est l’affrontement à coups de bois. (…) Pour pouvoir observer ce magnifique spectacle, il convient de bien connaître le massif forestier le plus proche de chez vous, savoir s’il abrite bel et bien des populations de cerf et aussi chercher des terrains dégagés propices au regroupement des grands mammifères (Maxisciences)*.



*‏Compte certifié @Maxisciences. Les conseils de nos collègues @BestFriendsOMM pour bien découvrir le brame du cerf !

samedi 3 novembre 2018

L’Union européenne et le mauvais temps en Italie



Le jour après la tempête



Court séjour en Italie. Je contemple de ma fenêtre le fleuve Piave qui a quitté ses berges.  Il y a eu une grosse tempête.  Les forêts, en amont, ont été dévastées.  Ce n'est pas la première fois que cela arrive, je remarque néanmoins une anomalie : l’air est tiède. Une tempête africaine au cœur des Alpes et au mois de novembre ... je trouve la chose bizarre.  N'y aurait-il pas un lien avec les immigrés clandestins ? Autre hypothèse, plus vraisemblable ne s'agirait-il pas d'un complot de « ceux de Bruxelles » pour faire tomber le gouvernement italien?

jeudi 1 novembre 2018

Le domestique ou le sauvage ? Choix Cornéliens.




Encore sur la voiture sans conducteur censée  établir les priorités en matière de victimes événtuelles. Si ses freins devaient lâcher, doit-elle sacrifier le loup qui traverse la route juste à ce moment ou  bien Tina,  l’attachante   dalmatienne  de Madame Lorenzina Verdelli, institutrice à la retraite née à Poggibonsi le 23 septembre 1939 ?

mardi 30 octobre 2018

Par qui dois-je commencer ? La voiture driverless et la hiérarchie des victimes


Il semblerait que les voitures sans conducteur (on les appelle driverless) devront être équipées d'un logiciel répondant à  la question : « Si les freins devaient lâcher qui faut-il sauver en priorité ? Autrement dit : quelle est la hiérarchie des éventuelles victimes ? Mieux vaut-il épargner un adulte ou un adolescent ? Un homme ou une femme ? Une maman ou deux enfants?  Un chasseur ou un blaireau ?  Deux  immigrés clandestins ou un magistrat ? Un lièvre ou un chat ?  Un vieillard  ou un chien ? Un vieillard ou deux chiens ? Un vieillard ou trois chiens ? Un vieillard ou dix chiens ? À partir de combien de chiens doit-on sacrifier le vieillard ?

dimanche 28 octobre 2018

Le Plaisir de tuer (le parler franc de Monsieur de Boisguilbert)




Interrogé sur Europe1 par la journaliste Wendy Bouchard, l'ancien porte-parole de la Fédération nationale de la chasse  Pierre de Boisguilbert a récemment déclaré : « Je tue par plaisir et j'assume. [...] Je chasse par amour, parce que j'ai un amour immodéré pour la nature. »
Les critiques ont foisonné, portant notamment sur le caractère contradictoire de ces déclarations. C’est un tantinet emphatique, peut-être, mais cela décrit honnêtement la perception que beaucoup de chasseurs ont de leur pratique. Monsieur de Boisguilbert a le mérite d’être franc, alors que beaucoup de chasseurs, aujourd’hui, trouvent plus opportun de cacher leur « plaisir de tuer » derrière des argumentations de type écologiste*. Est-ce que Monsieur de Boisguilbert est un psychopathe comme le prétendent plusieurs  commentateurs ? Est-il un homme particulièrement violent comme le laissent entendre les lecteurs de la revue 30 Millions d’Amis ? Faut-il avoir peur de lui ? Je n’ai aucun élément pour répondre à ces questions.
Ceux dont en revanche j’ai peur, et que je ne voudrais surtout pas rencontrer, sont les commentateurs de 30 Millions d'amis  dont je reporte ici les propos. Ils n’aiment pas la chasse, ce qui est tout à fait compréhensible. Sont-ils pour autant moins violents et mortifères que Monsieur de Bosguilbert ?




*J’en profite pour renvoyer à mon vieil article, disponible en ligne,  “L’invention du chasseur écologiste : un exemple italien”, Terrain, 13 : 130-9.

vendredi 26 octobre 2018

Le sens de la chasse




 

Faut-il psychanalyser les chasseurs pour mettre au clair leurs mobiles refoulés? Peut être. En attendant, voici une bonne recette pour la préparation des cailles :  

" Cailles au nid. Prenez six artichauts, six cailles; mettez blanchir vos artichauts, parez-les en enlevant toutes les feuilles et le foin, ne laissez que le fond; mettez les fonds dans une casserole avec un bon morceau de beurre fin, poivre, sel, jus de viande, laissez mijoter une heure, en veillant à ce que les fonds ne s'attachent pas. Faites blanchir une demi-livre de rognons de coq, nettoyez, enlevez les peaux, ayez quelques petites truffes rondes que vous nettoyez et pelurez, mettez rognons et truffes dans la casserole, ajoutez un roux aux fonds; d'autre part, faites rôtir les cailles; dégraissez, arrosez avec du jus de viande. Au moment de servir disposez vos fonds d'artichauts sur un plat, mettez sur chacun quelques rognons, une truffe et une caille. Très joli plat".


Catherine de Bonnechère, La cuisine du siècle : dictionnaire pratique des recettes culinaires et des recettes de ménage,  Les magasins du Bon Marché par Impr. P. Brodard (Coulommiers)

mercredi 24 octobre 2018

Donner en spectacle (Putin, les Pussy Riot et les montreurs de souffrances)



Image associée

Image obtenue en mixant deux clichés repérés dans le net. Elle n'est pas d'un goût très sûr, mais elle a le mérite de mettre Putin et les Pussy Riot sur un plan d’égalité.


Pourquoi Putin a le droit de se montrer torse nu alors que les Pussy Riot, avec un comportement analogue, finissent en prison ? Sur un autre plan :  quelle est la place du plaisir  dans la mise en spectacle de la souffrance animale 

J’aborde ces question dans l’article: « Le show "animalitaire". Mises en scène de la souffrance animale », in (Emmanuel Pedler & Jacques Cheyronnaud éds.) La forme spectacle, Paris, EHESS,  coll. Enquête, vol 13.




lundi 22 octobre 2018

Libido castrandi (faut-il couper les cornes des vaches suisses ?)



Il y a quelques jours, on  m’a posé des questions autour d'un referendum qui aura lieu le 25 novembre en Suisse : faut-il encourager les éleveurs pour qu'ils ne coupent pas les cornes de leurs vaches? Je n’en savais strictement rien, donc j’ai répondu en anthropologue, en rappelant les associations symboliques qui, dans de nombreuses sociétés, relient  les cornes aux organes génitaux (que l’on songe au trophée de chasse)  :  couper les cornes revient à châtrer. Était-ce la bonne réponse? Je n'en suis pas très sûr.  

samedi 20 octobre 2018

Des aigles, des valeurs et des Baci Perugina (vive la Patrie)




Elle hibernait dans le grenier, une boite vide de chocolat de la marque Perugina. Sur le côté, en écriture cursive, on pouvait lire : « Vi dico e vi autorizzo a ripeterlo che il vostro cioccolaato è veramente squisisto, « Je vous dis et je vous autorise à le répéter que votre chocolat est vraiment excellent ». J'ai rougi en me disant que l’auteur de ce propos solennel était peut-être mon grand-père. Après j’ai décrypté la signature. Il s’agissait d'un grand-père, en effet, mais pas du mien. C'était le grand-père d'Alessandra Mussolini, une femme politique assez connue en Italie. 

jeudi 18 octobre 2018

Le propre de l’homme (violence manifeste et sadisme latent)


C’est la société ? Ce sont les gènes? C’est le destin ? C'est le diable? Toujours est-il que les sœurs de Cendrillon sont jalouses et méchantes. Leur méchanceté est indépendante de leur orientation politique, de leur QI et de leurs préférences alimentaires.  

On peut aimer les animaux et, en même temps, faire partie de ceux qui jouissent de la souffrance d’autrui. En fait, c'est une évidence, hormis les saints et les hypocrites nous sommes tous ambigus : à la fois altruistes et envieux, ouverts et  jaloux, bienveillants et  cruels (voire sadiques, le sadique étant celui qui aime « faire subir » et « voir souffrir »). Ce qui change d’un individu à l’autre est moins  la présence/absence de ces sentiments peu honorables que  leur intensité.  Je connais des personnes pour qui ce qui compte, ce qui donne le plus de plaisir,   est  moins sa propre réussite que l’échec des autres. Qu’ils mangent ou pas de la viande, par rapport à la question du taux de méchanceté,  devient secondaire. 


Je me demande si ce plaisir malsain pour la déconfiture de son prochain  (un plaisir de guillotineur) existe aussi chez les autres animaux. 

mardi 16 octobre 2018

Bienvenus dans le meilleur des mondes (et un grand merci aux réconciliateurs)



Le monde apaisé après l'intervention démiurgique du mouvement antispéciste
 et de ses leaders.

Je reviens sur les ambiguïtés de la position antispéciste. D’un côté, on ne peut que remercier ces conseilleurs bien intentionnés qui nous poussent  à réfléchir sur les implications morales  du régime carnivore. De l’autre, en allant un peu plus loin, on aurait envie de  s’interroger sur les raisons profondes de leur « surdité », non dépourvue d’une certaine arrogance,   face aux arguments de la majorité spéciste. Parfois je me demande  comment serait le monde si les antispécistes  étaient au pouvoir.  De temps en temps je trouve quelques réponses :

« (…) Il me semble qu’il faut limiter les animaux de compagnie à quelques espèces adaptées, comme les chiens et les chats, auxquels on pourrait fort bien rajouter les cochons, les chèvres ou les chevaux par exemple. Il faudra aussi revoir complètement la gestion de ces animaux de compagnie. Leurs propriétaires devront posséder un certificat de capacité, c’est à dire une autorisation attestant qu’ils présentent toutes les garanties pour pouvoir accueillir l’animal qu’ils ont choisi (si c’est un chien, il ne peut pas habiter dans un appartement de 12 mètres carrés et un lapin ne peut passer ses journées dans une cage). Le propriétaire ne sera plus propriétaire mais tuteur. Il faut évidemment supprimer le système des animaleries et des élevages. Il sera interdit de faire du bénéfice sur la vie d’un être sensible. Les chats, les chiens et autres animaux de compagnie seront gérés par un organismes d’Etat à but non lucratif. Cet organisme tiendra à jour l’état civil des animaux de compagnie (...) » Aymeric Caron, Antispéciste Réconcilier l’humain, l’animal, la nature. Coll. Points,p. 206-207.


Le lecteur avisé saura retrouver dans ce passage irréprochable toute une série de consonances  littéraires et politiques. Il va sans dire que la réalisation de ce genre de projets ne pourrait pas se limiter à la réglementation de nos rapports aux animaux.

dimanche 14 octobre 2018

Au secours (des secouristes partout)


« Pompiers et chiens de secours. Le calendrier le plus attendu de l’année ».

On comprend cette excitation : la  société contemporaine,  pour reprendre la formule d'Ulrich Beck, est la  « société du risque ». La passion pour les secouristes, par conséquent, est naturelle, "physiologique" (je suis en danger, j'adore être secouru). 

Comme tout bon citoyen  j’admire les pompiers et j’apprécie les chiens de sauvetage. Vite! Où acheter ce calendrier? Je meurs d’impatience.

vendredi 12 octobre 2018

Vive La Repubblica


 

Pour en finir avec les fake news de la presse cosmopolite

Parfois j’ironise sur  le quotidien La Repubblica à cause de sa façon mièvre et mélodramatique de parler des animaux. Au lieu de m’émouvoir, ses reportages édifiants ont le pouvoir de m’exaspérer (dernier en date, le sauvetage   d’un chaton piégé dans le moteur d’une voiture).
Cela dit, La Repubblica est un  journal respectable qui joue un rôle précieux dans le bon fonctionnement des institutions démocratiques. Récemment, tout en prétendant que c’était  « une manière de parler », les représentants de la majorité gouvernementale ont menacé de le fermer. Une blague, certes, mais de très mauvais goût.

mercredi 10 octobre 2018

Les loups s'approchent de plus en plus des maisons (mais ce n'est pas grave)


Alpes de Vénétie. Il y a juste une semaine Brie, une petite chienne de race indéterminable, a été dévorée par les loups. Deux ou trois jours plus tard, à quelques mètres de sa maison, Monsieur Fabio De Gasperi a pu constater que des loups avaient démembré un chevreuil. D’ici peu ils s’attaqueront à sa boite aux lettres*. 


*Oui, je sais, les loups n’attaquent les boîtes aux lettres que lorsqu’ils ont la rage ou se sentent menacés.